Comité rédactionnel associatif : nouveauté !

Autoportrait d'Anne Brisson, nouvellement venue chez nous : un autre regard porté sur nos activité et la promesse d'échanges fructueux...

Anne Brisson, psychologue depuis toujours ou presque !...

A 16 ans, je tombe sur Freud, au programme du cours de philosophie. La découverte de l'inconscient, du mien et de celui des autres, bouleverse complètement mes représentations du monde et ouvre des trouées intelligibles dans le brouillard qui m'enveloppe. Je suis aussi impressionnée par l'homme, Freud, qui n'hésite pas à dévoiler sa vie psychique, ses souvenirs, ses rêves, ses actes manqués, ses pensées inavouables, pour expliquer comment se construit et se remanie sans cesse sa théorie.

Les études de psychologie sont une évidence, à Paris 7 pour son orientation psychanalytique assumée. Diplômée à 22 ans, avec quelques heures de stages pour toute expérience clinique, je ne me sens pas très aguerrie pour trouver un poste en institution.

Mais de nombreuses fées, tous genres confondus, se sont penchées sur le berceau du bébé psychologue : je commence à travailler pour l'association À l'aube de la vie (Serge Lebovici et Bernard Golse), puis Carnet Psy (Manuelle Missonnier) et le Bulletin de la Waimh francophone. Après quatre années dans l'édition et mon installation en libéral, mon expérience institutionnelle débute à la Guidance infantile telle qu'elle a été façonnée par Michel Soulé et son équipe. Le dialogue entre clinique et théorie est un flux permanent, tandis que l'élaboration circule, non sans conflit, mais sans barrage au sein de cette équipe pluridisciplinaire. Les références théoriques tricotées avec les éléments cliniques et l'ouverture sur les recherches actuelles font socle.

Quand on a la chance de travailler dans un service aussi vivant et créatif, on y reste le plus longtemps possible, jusqu'à ce que les remaniements administratifs et les transformations du soin en psychiatrie par les nouvelles formes de management rendent l'engagement clinique intenable. 

Partie vers d'autres territoires institutionnels, l'opportunité de participer au comité de rédaction du Cerep-Phymentin me permet de retrouver le socle et de construire de nouvelles pistes de réflexion.
Avant de conclure, je partage avec vous cette proposition de Sameroff et Emde (psychiatres et chercheurs) qui me semble intéressante pour toute forme de travail en commun : « Notre stratégie de consensus nous a procuré certains avantages, mais elle comportait aussi des inconvénients parmi lesquels l'influence potentielle et excessive de la pression sociale en faveur d'un accord. Pour contrer cette tendance, nous avons été très attentifs à ne pas passer sous silence nos divergences d'opinion » (Les troubles des relations précoces, Paris, PUF, 1993). C'est dans cet esprit que j'espère contribuer à préserver et faire vivre des espaces de pensée et des groupes de travail qui peuvent encore s'exprimer librement.

Le 20 juin 2022

Quelques livres qui ont marqué ma formation universitaire et dont les titres à eux seuls sont des invitations à la réflexion :

  • Psychopathologie de la vie quotidienne, S. Freud
  • Jeu et réalité : l’espace potentiel, D. Winnicott
  • L’amour et la haine, M. Klein et J. Rivière
  • L’effort pour rendre l’autre fou, H. Searles
  • Plaidoyer pour une certaine anormalité, J. McDougall
  • Le moi-peau, D. Anzieu
  • Fantômes dans la chambre d’enfants, S. Fraiberg