Éditorial
🖋 Chers lecteurs,
Souvent certaines émotions se manifestent comme des élans, des apaisements, voire des tensions. Ce sont des signaux invisibles nous traversant avec fracas ou muettement, irriguant notre corps et notre psyché.
Travailler auprès de l’humain, c’est accepter d’être envahi par des émotions qui s’installent peu à peu, comme un climat intérieur qui nous modifie, parfois jusqu’à la souffrance.
Ce n’est pas tant la violence des situations rencontrées qui use que l’absence d’espaces pour dire ce qu’elles font.
Lorsque la parole se raréfie, lorsque les affects sont relégués au privé ou considérés comme secondaires, ces émotions ne disparaissent pas, elles continuent d’agir en sourdine.
Elles cessent d’être un poids solitaire lorsqu’un cadre existe pour les penser, les partager, les transformer.
Quand les mots font tiers, elles deviennent matière commune.
Elles sont alors une boussole discrète : non pour éviter les zones de tempête, mais pour continuer à naviguer sans se perdre, dans l’espoir de mieux trouver l’autre.
Très bonne lecture à tous