Éditorial
🖋 Chers lecteurs,
La bouche qui goûte, qui explore, qui appelle. La bouche qui prend, qui rejette, qui entre en relation avec le monde – bien avant de pouvoir parler.
Comme le souligne Bernard Golse, elle est un passage : entre dedans et dehors, entre soi et l’autre. Un organe puis une scène, invitant à dire.
L’oralité ne se réduit cependant pas à la parole. Elle en est la source, mais aussi la limite.
Certains mots manquent, d’autres débordent. Les « gros mots » surgissent là où le langage vacille, comme une tentative – parfois brute – de dire ce qui ne trouve pas encore sa forme.
Et puis il y a le silence, son avatar muet, qui en dit long et que les parents connaissent si bien.
L’institution quant à elle organise la circulation des paroles. Elle en soutient certaines, en freine d’autres.
On concocte du lien, à partir de la recette de chacun.
Mots, histoires, expériences : on en a tout plein la bouche quand on se met à table.
Bonne dégustation