Comité rédactionnel

15/12/2025

Et pour les fêtes, un canard aux pèches

Salut les copines ! Un rendez-vous incontournable

Chaque mois, je reçois trois drôles de dames dans une émission littéraire pour un 10-12 sur Liberté.FM.

Et pour les fêtes, un canard aux pèches

Moi, c’est Charlie Polak.

Je suis missionné dans notre ligne éditoriale pour agiter les points de vue différents et encourager l’esprit critique.

Mon ambition : réunir tout le monde, sans trop de couacs.

Je prends le pouls de #la société, le baromètre #des tendances et la pression de nos #institutions.
Je défends le soin psychique et la pensée très, très singulière.

J’accueille donc régulièrement les trois pour une nouvelle mission avec des douceurs sucrées et une boisson chaude pour réchauffer leurs cœurs. Et elles en ont du cœur, prêtes à escalader généreusement le monde, se risquant, sans filet.

Trois personnalités incontournables qui ne se prennent pas la tête même si elles évoquent souvent le cerveau dans tous ses états.

Ça fait du monde autour de la table ! #Deux sociologues et #une psychologue psychanalyste. Chacune invite ses auteurs, ses dieux grecs. Toute une famille de références. Je dois dire que j’aime bien ce mélange : ce n’est pas toujours facile à suivre, mais j’adore ce rendez-vous bigarré.

Sans détour, revenons aux objectifs du comité : une plongée dans l’actualité de l’âme humaine, un reportage express autour de la planète Terre : deux heures pour couvrir le sujet de maintenant et plus tard.

Une gageure : sauter dans le vide en proposant des sujets issus de nos conversations débridées et de titres captés dans les kiosques.

Parce que, moi, Charlie, j’ai ma bataille : je veux rester dans la tendance de la presse écrite.

Vous vous souvenez ? Le bruit des feuilles d’un journal qu’on tourne et qui laissent de l’encre sur les mains, des mots imprimés à jamais sous la presse.

Ça c’était avant les influenceurs. Les quoi ? Les producteurs de contenus, comme ils disent maintenant : les blogueurs, les vlogueurs…

Aujourd’hui, on passe le micro à une invitée exceptionnelle : Mathurine, éleveuse de canards déchaînés dans un hameau improbable des Deux-Sèvres.

Que pense-t-elle de la tournure des informations ?

« De nos jours, on dit ce que l’on veut, du fin fond de sa cuisine : on raconte sa life parce que chacun est incroyablement extraordinaire. Ah Gudule ! [i]Auparavant on s’intéressait à la biographie d’un grand auteur.

Aujourd’hui, zoom sur le produit placé, négligemment, l’air de rien dans le bazar en arrière-plan et focus sur le monsieur ou la dame. Faut que tout ça ait l’air plus vrai que vrai !

Et puis surtout on a des experts… de contenus digitaux : les influenceurs ! Boudiou ! Comme si on avait besoin qu’on nous dise ce qu’on doit penser.

Chacun a sa tribune et on passe sans transition sur Internet du canard aux pèches, à la psychologie positive et tous y vont de leur témoignage.

Entre-temps, on vous balance des pubs parce qu’il y a peu vous étiez en quête pour votre canard aux pèches d’une marmite durant le Black Friday.

C’est la nouvelle prêche marketing ! Générez du contenu pour être en pole position sur Google. Puis Votez !

Pour ça, on a les « likes », les « dislikes », les lynchages en direct y compris pour des sujets majeurs comme la couture ! Ça fait trop le buzz !

Camarades, c’est 1789 revisité !

Chacun peut donner son avis et voter ; un pouce en haut ou en bas et l’affaire est faite : certains échappent même de peu à la guillotine. Un vrai cahier de doléances instantané.

Ah Gudule ! Adieu l’intimité, l’anonymat et le recul nécessaire ! Bonjour aux créateurs de contenus hors normes.

J’aurais aimé savoir ce que nous auraient dit Boris Vian et Léo Ferré. Parce que sincèrement, il faut arrêter de nous « gaver » de contenus consuméristes.

Mars se profile, rendez-vous aux urnes, citoyens. On attend les « like » et « dislike » et ça, ça va nous engager, « En vrai » comme disent les jeunes, au début de chaque phrase.
Et d’ailleurs pourquoi ? Parce que tout est toujours faux ?

Et pour finir, n’allez surtout pas croire que j’ai essayé de faire la promotion de mes canards en vous racontant mon histoire, comme ça l’air de rien. Je ne suis pas comme mon voisin, ce satané bougre de père Grandet. »

Merci #Mathurine #mes copines rédactrices #les journalistes du Canard Enchaîné pour leur capacité à caricaturer et souligner l’inanité de certaines actualités.

#Les plumes rebelles ont encore de belles envolées.

[i] La complainte du progrès – Boris Vian

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