Je suis née et j’ai grandi en Bretagne, près de Lorient plus précisément. J’ai grandi entre terre et mer, bercée par le rythme paisible d’une région qui vit au rythme de la pluie et des galettes saucisses.
J’ai décidé de venir à Paris pour découvrir un nouveau mode de vie, pour sa richesse culturelle et sa promesse d’être à 3 heures de train de Lorient.
J’ai découvert un nouveau rythme de vie comme 1 heure de métro pour faire 3km… mais aussi le fait de ne pas connaître mes voisins de palier alors que chez moi, je connais toutes les personnes de mon village.
Je me souviens de mon arrivée à Paris, la gare Montparnasse, la foule dans le métro, l’odeur typique de Paris, mais aussi le nombre de personnes vivant dans la rue et les bouteilles de protoxyde d’azote à même le sol.
La première chose qui m’a frappée en arrivant et qui ne cesse de me frapper depuis, ce sont les barres d’immeubles gris et interminables que l’on peut apercevoir depuis le train avant d’arriver en gare. Dans ces immeubles, on peut imaginer la pauvreté.
Ces habitants mettent leurs affaires sur le balcon ou sur le rebord de la fenêtre. Cela me laisse imaginer que certains logements doivent être étriqués.
J’avoue avoir détourné le regard plus d’une fois.
Puis j’ai dû prendre le métro, quel labyrinthe ! Je ne me souviens même plus du nombre de fois où je m’y suis perdue et où j’ai raté mon arrêt.
Mais j’aime bien prendre le métro car j’observe les gens, l’étudiant en train de réviser, l’employé qui s’est endormi, les touristes perdus et je compte le nombre de personnes sur leur téléphone.
J’aime aussi le fait de voir des personnes de tout milieu s’asseoir les unes à côté des autres et j’aime aussi me dire que nous nous faisons tous confiance pour rester dans une rame fermée jusqu’au prochain arrêt.
J’aime aussi Paris pour sa foule grouillante et faite de ne jamais croiser deux fois la même personne ou rarement. Cela me change de Lorient, où les personnes se connaissent toutes de loin ou de près.
J’ai aussi remarqué que les gens courent après le temps à Paris. J’ai parfois l’impression que le « chacun pour soi » est la règle, que les gens ne se regardent pas et ne font pas attention aux autres. Un simple « bonjour » aux caisses des supermarchés est assez compliqué à avoir.
Il me semble qu’en Bretagne nous prenons plus le temps de vivre mais peut-être le temps passe-t-il différemment ?
Parlons de ce qui m’a frappé au niveau social.
Ce qui m’a touché en arrivant à Paris, c’est le fait de voir beaucoup, beaucoup de SDF. Des hommes, des femmes et des enfants dorment à même le sol dans la rue. Je ne vous ferai pas croire qu’il n’y a pas de personnes sans domicile fixe en Bretagne, ce serait vous mentir.
J’imagine qu’il y a davantage de places dans les hébergements d’urgence, ce qui doit rendre les solutions plus faciles à trouver que dans une capitale de 2 800 km2 qui compte pratiquement 11 millions d’habitants.
Pour les JO 2024, je me souviens encore de cet exil forcé des personnes sans domicile fixe de Paris, envoyées en province afin de masquer au monde entier les problèmes de pauvreté. Lorient a accueilli certaines de ces personnes.
J’aimerais vous parler des personnes qui se cachent pour se droguer, mais qui sont pourtant bien visibles.
La première fois que je suis allée à mon école située dans le 19e arrondissement, j’étais vraiment très étonnée de voir autant de bouteilles de protoxyde d’azote dans la rue.
Mais je me suis rendue compte que ce fléau ne touche pas uniquement le 19e arrondissement ; il vous suffit d’aller marcher sur les Champs-Élysée à 21-22 heures et vous verrez des personnes se droguer en pleine rue.
La drogue existe bien sûr en Bretagne mais est moins voyante qu’à Paris.
Je terminerai en vous disant que je suis sûre d’avoir fait le bon choix en venant faire mes études à Paris.
Paris est une ville magnifique avec une richesse culturelle et des opportunités que je n’aurais pas retrouvées en Province.
Le meilleur exemple est mon stage au CMPP de Courbevoie !!
Mais la région la plus belle reste la Bretagne (même sous la pluie).
Antonelle P., stagiaire assistante de service social, CMPP de Courbevoie