Travail institutionnel

24/02/2026

Chacun a sa place et un rôle à jouer au quotidien dans l’institution

L’association a initié depuis 3 ans une rencontre qui réunit tous les agents de service intérieur, les agents de maintenance et les maîtresses de maison. Ces salariés des services généraux au même titre que tous les salariés qui gèrent l’administratif dans les établissements, peuvent se sentir à la marge de la prise en charge des bébés, des enfants et des adolescents.

Chacun a sa place et un rôle à jouer au quotidien dans l’institution

Lors de ces rencontres annuelles, une demande a émergé des collègues, celle de se former pour se sentir légitime dans la transmission de ce que l’on ressent en tant que professionnel qui côtoie au quotidien le même public que ses collègues cliniciens mais qui n’ose pas en parler.

Même si dans nos établissements le travail institutionnel prend une place importante dans l’accompagnement et le soin des enfants et des jeunes que nous accueillons, la question reste prégnante dans l’esprit de nos collègues des service généraux.

Nous avons donc construit avec l’aide du COPES une formation qui répond à cette demande : « Comment transmettre ce que l’on observe et ressent – que peut-on transmettre ? ».

C’est donc à partir de ce questionnement que la formation s’est construite.

Nous avons eu une première session les 10 et 12 décembre 2025 et une seconde session aura lieu les 2 et 3 avril 2026 afin que l’ensemble des professionnels concernés puissent y participer.

Nous avons profité de cette opportunité pour inviter également les professionnels administratifs : assistantes de direction, secrétaires administratives, secrétaires médicales, chef de bureau… à y participer.

La première session, à laquelle j’ai participé, m’a permis de constater que la parole était libre et que chacun a pu exprimer ses doutes, ses ressentis mais aussi faire part de ses observations et de sa place dans l’équipe.

La formatrice, Marie-Laure Manuel, (éducatrice spécialisée ; psychanalyste ; formatrice ; superviseuse) a su accompagner chaque intervention de manière bienveillante et attentive pour que chacun puisse parler en toute confiance.

Un moment partagé ensemble qui nous a permis de mieux nous connaître, de nous faire confiance et de constater que nous avons les mêmes préoccupations au quotidien, trouver sa place dans une équipe quand on n’est pas dans l’éducatif et/ou dans le soin ; et accompagner les bébés, les enfants et les jeunes au mieux, « prendre soin d’eux ».

Enfin, deux textes ont été partagés en introduction de cette première session de décembre, que je vous partage à mon tour car ils expriment ce que la formation a voulu transmettre.

« L’institution n’est pas seulement un lieu on soigne, mais un outil de soins en elle-même.

Ce qui se passe dans le quotidien (accueil, repas, ménage, circulation dans les couloirs …) peut avoir une valeur thérapeutique.

Le personnel administratif et technique fait partie du soin, sans être un thérapeute individuel.

Les rencontres informelles sont importantes, l’accueil, devant l’ascenseur etc.)

Aucun acte du quotidien n’est à côté du soin. Transmettre les observations et les ressentis, aide à mieux comprendre les soignés. »

  • François Tosquelles :

1912-1994. Psychiatre Catalan, fondateur de la psychothérapie institutionnelle.

« Pour soigner les malades, il faut d’abord soigner l’Hôpital » Création de clubs thérapeutiques pour patients et soignants.

« Chaque personne de l’institution peut être un repère stable et humain pour le patient. La relation n’est pas seulement fonctionnelle, elle est aussi humaine : le regard, le ton de voix, la façon de poser des limites, etc.

Le climat institutionnel tient aussi une place dans le processus.

Les soignés sentent l’ambiance : tensions entre adultes, cohérence ou pas du cadre et ses règles, capacité à contenir la violence sans la renvoyer.

L’importance des espaces de paroles pour les professionnels est valorisée : On ne peut pas tout garder pour soi, surtout quand on se sent bousculé.

Le partage permet de transformer le malaise en compréhension. Chacun fait partie du cadre qui tient, rassure, limite, et soutient. »

  •  Jean Oury :

1924-2014. Psychiatre, formé auprès de Tosquelles, il fonde la clinique de La Borde, lieu de la psychothérapie institutionnelle.