Association

26/06/2026

Recherche menée dans les CMPP Cerep-Phymentin

Présentation du projet de recherche des CMPP Courbevoie, Denise Weill et Saint Michel
Ouverture par Bernard Golse, le 1er juin 2026, à la Faculté de médecine, Université Paris Cité

Recherche menée dans les CMPP Cerep-Phymentin

Bonjour à toutes et à tous.

Je suis très heureux que le Cerep-Phymentin puisse soutenir et porter une recherche comme celle que nous sommes tous ensemble en train d’organiser.

Merci donc à Grégory Magneron notre directeur général qui est aussi attentif que moi au développement d’une sorte d’espace CMPP qui a progressivement été mis en place au sein du Cerep-Phymentin et qui compte beaucoup pour nous dans le cadre de la politique globale de l’association.

Merci à Sébastian Ponnou, à Xavier Briffaut et à Benoît Thomé de nous donner les moyens scientifiques de mettre en œuvre cette aventure dans le cadre du projet « Passerelle ».

Merci à Adèle Assous et à Olivier Putois de marquer une présence et une référence universitaire au sein de ce projet à mes côtés et aux côtés de Sébastien lui-même.

Merci à Marie Cartier d’avoir accepté d’être la clinicienne référente du Cerep-Phymentin afin de coordonner au mieux le dialogue entre les chercheurs et les équipes en amont de la recherche et tout au long du déroulé de celle-ci.

Merci aux équipes bien évidemment qui ont besoin de participer à la genèse même du protocole de recherche afin de pouvoir s’en approprier la substantifique moëlle.

Merci donc à toutes et à tous d’être là aujourd’hui.

Cette réunion de présentation d’aujourd’hui est un temps intéressant de la démarche entreprise, un temps très important à mes yeux en tant que président du Cerep-Phymentin et en raison de mon engagement en faveur d’une pédopsychiatrie humaine et humaniste.

Le contexte socio-culturel et scientifique est en effet très éloigné de cette perspective et c’est bien pourquoi j’ai fondé l’Institut Contemporain de l’Enfance afin de promouvoir un prendre-soin et un soin psychique humain et humaniste pour les bébés, pour les enfants et pour les adolescents.

S’indigner et résister est nécessaire mais ne suffit pas.

Il faut aussi créer et proposer et cette recherche est l’un des éléments qui doivent nous permettre d’y parvenir.

Pouvoir démontrer la richesse humaine et humaniste des CMPP du Cerep-Phymentin me semble donc aujourd’hui essentiel.

Le parcours des enfants et des familles s’enracinent dans l’évaluation diagnostique mais le diagnostic ne peut pas et ne doit pas être clivé de la prise en charge et du soin.

Il y a là une question centrale de déontologie médicale.

Nous avons pourtant une tendance profonde au clivage :

  • qu’il s’agisse du clivage corps/psyché dont découle le clivage entre l’organogénèse et la psychogénèse des troubles mentaux
  • qu’il s’agisse du clivage entre une clinique de l’instant « t » (celle de l’évaluation) et une clinique de l’histoire (celle du soin)
  • et qu’il s’agisse maintenant du clivage entre la saturation et le manque

Le néolibéralisme veut tout maîtriser, tout savoir, tout réguler, tout prévoir alors que les sciences humaines dans lesquelles s’enracinent en partie la psychiatrie et la pédopsycbaitrie se doivent de faire une place au doute, à l’incertitude, au creux, au manque dans lesquels s’enracine la créativité thérapeutique.

Parler d’une « psychiatrie de précision » est une… connerie épistémologique sans fond !

L’imprécision dans le champ du vivant est en effet une condition même de la liberté et de la non-prédiction.

On sent bien que la situation actuelle est le fruit d’un néolibéralisme dévoyé qui pervertit l’utilisation des résultats des neurosciences dont les avancées sont pourtant spectaculaires.

F. Gonon[1] que S. Ponnou connaît bien a utilement souligné par exemple la non-publication des résultats négatifs ou la non-confirmation par d’autres équipes des résultats obtenus par un équipe donnée.

Mais surtout, les ennemis publics n°1 du néolibéralisme sont évidemment la psychanalyse et l’inconscient comme l’a bien montré Barbara Stiegler[2] car le conflit intrapsychique risque toujours de venir troubler la consommation, la production et la loi du marché.

Je rappelle que dans certains textes européens actuels, sont décrits en bonne santé mentale les groupes de citoyens aptes à bien produire et à bien consommer !

On croit rêver…

Personnellement, je n’ai pas choisi mon métier ni désiré être président du Cerep-Phymentin pour aider des groupes de citoyens à devenir aptes à bien produire et à bien consommer !

Certes, ce n’est pas à nous – psys – qu’il revient de lutter contre le néolibéralisme euro-occidental.

Mais c’est à nous qu’il revient de bien en prendre conscience afin de faire en sorte qu’une perspective humaine et humaniste demeure possible en certains lieux.

Donc vive les CMPP qui peuvent constituer des poches de résistance salutaire, des îlots de pensée, des espaces infiniment précieux que cette recherche doit aujourd’hui soutenir dans leurs valeurs et dans leurs objectifs.

Je me réjouis que nous soyons là tous ensemble pour avancer dans cette direction.

Bernard Golse

[1] F. Gonon, Neurosciences – Un discours néolibéral, Postface de B. Golse, Champ social éditions, Nîmes, 2024

[2] B. Stiegler, Il faut s’adapter, Gallimard, Coll. « BRF essais », Paris, 2019

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