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27/05/2026

L’amitié entre parents en institution

Dans les institutions, les parents ne se connaissent pas vraiment. Les enfants sont amenés et ramenés en taxi, et nous, parents, ne venons que pour les réunions de rentrée, de fin d’année ou des entretiens individuels. Il n’y a donc pas de rencontres régulières entre les familles.

 

L’amitié entre parents en institution

Les groupes de parole

C’est précisément pour cela que des espaces comme le CVS, les groupes de parole ou des associations de parents existent : ils permettent aux parents de se rencontrer, d’échanger, de se reconnaître dans les expériences des uns et des autres.

Ils créent les conditions d’une rencontre. Sans ces moments, chacun resterait isolé, avec ses questions, ses inquiétudes et ses doutes.

Ce sont des moments d’échange qui permettent aux parents de se connaître, de partager leurs expériences, de se soutenir, et parfois de tisser des liens très forts.

Une étape vers l’amitié

L’engagement des parents est la première étape vers la rencontre puis l’amitié.

Pour moi, tout a commencé à l’hôpital de jour André Boulloche où Raphaël a été suivi de 8 à 14 ans.

C’est là que je suis devenue présidente de l’APACEP, ce qui a été ma première véritable implication dans la vie de l’institution.

Cet engagement m’a permis de rencontrer d’autres parents, de partager nos expériences, nos inquiétudes et nos petites victoires. C’est à partir de là que j’ai pu m’investir dans l’association Cerep-Phymentin et participer, en tant que maman, à différents projets.

Partager les mêmes inquiétudes

Peu à peu, j’ai découvert que d’autres mamans vivaient les mêmes difficultés que moi. On se comprend sans avoir besoin d’expliquer. On se reconnaît. Et des liens très forts commencent à se tisser.

Avec quelques mamans nous avons d’abord participé à la rédaction du livret « Mon enfant va dans un hôpital de jour ». Cest à partir de ce travail, mené avec ces mamans et des professionnels de Cerep-Phymentin, que nos amitiés ont commencé à naître.

Nous racontions des expériences que nous avions vécues, nous les mettions en mots pour le livret, et ce travail commun, ces réunions régulières, ont créé un espace où des liens ont pu se tisser.

Nous partagions les mêmes difficultés, les mêmes inquiétudes, les mêmes épuisements, même si nos histoires étaient différentes.

Contrairement à nos amis qui n’ont pas d’enfant avec un handicap psychique, nous nous comprenions immédiatement. Nous savions ce que signifient la fatigue, les doutes, mais aussi la joie profonde d’avoir des enfants différents. Nous pouvions nous confier l’une à l’autre, sans jugement, sans avoir besoin d’expliquer.

Petit à petit, une amitié est née, puis elle a grandi, jusqu’à devenir plus forte que n’importe quelle autre.

C’est difficile à expliquer, mais nous comprenions les émotions et la sensibilité de chacune.

Ce sont des amitiés riches, sensibles, puissantes et tellement humaines – des amitiés qui se nourrissent de respect et d’une compréhension que seules les mamans ayant traversé des souffrances similaires peuvent partager.

Etre enfin soi-même

Les amitiés entre parents d’enfants avec un handicap psychique sont d’une intensité particulière. Parce que l’on peut enfin être soi-même, elles sont profondément sincères.

Elles viennent de la reconnaissance que l’on a l’une envers l’autre, de la vulnérabilité partagée, et deviennent une force commune. Elles deviennent parfois plus solides que les amitiés “ordinaires”, parce qu’elles reposent sur une compréhension profonde de ce que l’autre vit.

Catherine Avanessoff

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